les îles de la Nouvelle Calédonie - Expatelecom

Expatelecom.net
Aller au contenu

les îles de la Nouvelle Calédonie

Lifou - 01/2020 (île des Loyauté)
Ouvéa - 12/2019 (île des Loyauté)
Île des Pins - 12/2015
Retour à la page d'accueil - Nouvelle Calédonie
La Porte des Mondes

Elle marchait le long de la plage, son cabas à l'épaule. Elle ne se promenait pas, elle allait travailler au Grand Hôtel, de l’autre côté de la baie. Matin et soir, pieds nus elle arpentait le sable blanc, ses sandales à la main.

Ses yeux étaient verts, sa peau, tannée par le soleil avait une très jolie couleur ambrée. Combien de garçons avaient déjà succombé à son large sourire, personne ne le sait avec exactitude, mais de toute évidence bien plus que deux mains ne peuvent compter de doigts. Sa longue chevelure noire bouclée lui tombait sur les épaules. Il n’y avait rien d’étonnant à ce qu’elle soit jalousée par les femmes de sa tribu. Pourtant elle ne s’en souciait guère tant elle vivait sa vie avec assurance et simplicité au sein de sa grande famille d’adoption, ses frères, ses sœurs, ses cousins, ses oncles …

Elle était souvent seule à marcher sur cette plage. Il lui arrivait de croiser des bandes de jeunes garçons avec leur grosse radio en bandoulière. Elle leur souriait en guise de “Bonjour”, eux lui répondaient par un petit signe de la main en se regardant d’un œil malin. Peut-être la retrouverait-elle, à la fête de la tribu en fin de semaine, mais cela était sans grand espoir.

Elle avait l’habitude de croiser les résidents de l’hôtel. Elle savait qu’ils étaient de passage pour une ou deux nuits, voire un peu plus, mais jamais elle ne les regardait, elle avait pris l’habitude de baisser le regard. Bien sûr elle avait bien imaginé franchir cette porte invisible qui sépare les mondes. Mais à chaque fois, elle se souvenait que le grand chef avait prévenu que le passage avait un coût, un coût souvent insurmontable qui était fixé par les dieux qui veillaient sur la tribu.

Mais un soir, alors qu’elle quittait son hôtel, elle ne baissa pas les yeux. C’était un soir de grande lune, lorsqu’elle est ronde et brille comme une étoile. Leurs regards se sont rencontrés et c’est lui qui baissa les yeux le premier, par pudeur sûrement. Lorsqu’il leva les yeux à nouveau, elle n’avait pas détourné les siens. Elle lui a même sourit, décidée qu’elle était à mettre un pied dans l’entrebâillement de la porte des mondes. Cette porte n’offrait que peu de résistance au regard curieux de la jeune femme.

Ce soir-là, elle avait ressenti quelque chose de nouveau, de différent. Elle avait décidé de maintenir la porte des Mondes entre-ouverte et bientôt il serait trop tard, elle ne pourrait plus à la refermer. Elle le savait et s’en amusait mais elle avait décidé de se laisser emporter.

Ils étaient jeunes, un peu maladroits, ils restèrent là à se fixer pendant de longues secondes."Bonsoir" lui dit-elle".
(...)
Retourner au contenu